Fabien BRUSSON

Fabien BRUSSON

L'homme-orchestre...

Athlète, décathlonien, « barefooter », chef d'entreprise, organisateur, communicant, Chevalier du Vent, coureur-secouriste, caméraman et alpiniste... Fabien Brusson est capable de se multiplier par dix ! De ses premières foulées au Népal en 2004 jusqu'à nos jours, il ne se passe une année où l'Himalaya n'est pas coché sur son calendrier, puisqu'il compte quinze voyages ! Depuis 2007, Fabien est aussi la mémoire visuelle des Chevaliers du Vent. Auteur de huit films sur le Continent Montagne, il sera encore avec sa « caméra au poing » pour tenter de gravir le Tukuche. Véritable homme-orchestre, il est autant artisan de l'image que baroudeur des grands espaces.

De Bourgogne et d'ailleurs, Fabien Brusson (44 ans) s'est enflammé dès ses premières foulées sur les Chemins du Ciel. Il se souvient de sa première Mandala, en 2004. « Après quinze jours sur une autre planète, ce fut difficile de reprendre le travail, confie-t-il. Une planète fantastique avec un changement quotidien des paysages. De l'Asie des Tropiques, comme on peut l'imaginer, jusqu'aux hautes montagnes de l'Himalaya, c'était un véritable voyage. » Un premier voyage que Fabien Brusson avait prolongé dès son retour en France. « L'aspect bouddhiste du pays m'a interpellé. Tout va bien malgré la misère, il faut l'accepter. Ma femme, Mona, n'a pas pu venir avec moi, au Népal, alors je l'ai emmené dans un temple bouddhiste, à Toulon-sur-Harroux, pour lui faire découvrir cette culture. Mais un jour, c'est certain, j'irai avec Mona et ma fille, Maéva, là-bas... » Promesse faite, promesse tenue.

En 2004, Fabien fut le lauréat du Challenge de la Sportivité, en compagnie de Christophe Morgo. Il fut surpris de cette distinction. « Car même les meilleurs étaient solidaires des coureurs de mon niveau, se souvient-il. Il y avait une sympathie entre nous, même si certains ont du mettre de l'eau dans leur vin... Car chacun savait que tout le monde pouvait prendre un coup de calcaire, un jour ou l'autre et qu'il fallait rester humble dans son attitude. Ne pas oublier que l'on courait aussi pour les autres... » Pour lui, cette Mandala 2004 fut autant révélatrice que fédératrice. « C'est pour cela que j'y reviens régulièrement. Grâce aux gens que j'ai rencontré en 2004, dont certains sont devenus le noyau dur de l'organisation. Mais aussi, et surtout, parce que je suis tombé amoureux de ce pays, de ses paysages et de son peuple. » Une histoire d'amour qui aura bientôt dix ans.

Les Chevaliers du Vent de la première heure ont tout de suite été touchés par l'humanité, le côté désintéressé et surtout l'engagement de Fabien auprès de l'association. Si bien, que dès l'année suivante, il fut l'un des coureurs secouristes de l'Everest Sky Race, en compagnie d'Emmanuel Villeneuve. « Si l'on ne m'avait pas confié cette tâche, peut-être que je ne serais pas venu aussi souvent au Népal, » commente Fabien.Organisateur de course en France, Fabien n'a pas hésité à apporter son savoir-faire au sein des Chevaliers du Vent, allant jusqu'à trouver des partenaires pour les épreuves. Depuis, il œuvre toujours en tant que communiquant. Si cette recherche de partenariat est importante, c'est surtout par le biais de ses réalisations de films qu'il va trouver une autre raison de venir en Himalaya.

Pour Himal 2007, les Chevaliers du Vent lui confient son premier reportage vidéo. « J'avais déjà un pied dans l'organisation, poursuit Fabien. Mais le fait que l'on me demande de filmer a été le déclencheur d'une autre histoire avec l'Himalaya. Réussir à ramener des images pour montrer ce que l'on faisait réellement dans les courses a permis aux gens, au public, de mieux comprendre ce que l'on faisait au Népal... C'est fascinant de filmer l'Himalaya. Avec les paysages, les couleurs, les ombres et les lumières, aucun plan n'est identique et il change toutes les secondes. Ce fut notamment le cas dans le dernier film que j'ai réalisé au Mustang. Avant je faisais appel à une boite de production pour monter les images. Maintenant, je m'intéresse de plus en plus au montage et j'ai monté mes trois derniers films. »

Les idées de Fabien pour mettre en valeurs ses images ne manquent pas. Ainsi, pour son film sur l'Everest Sky Race et l'ascension du Lobuche Est (6.119 m), qu'il a pu gravir avec sa caméra avec la cordée emmenée par Emmanuel Rémy, il s'est associé avec Thierry Meunier pour la musique. « Avec ses musiciens, ce fut encore une belle rencontre et nous avons mis en place un programme de « ciné-concert » où ils jouent en direct sur les images du film. » Malgré un échec au Pacchermo (6.272 m), en 2008 – il était tombé malade aux pieds de la montage – Fabien est revenu, crampons aux pieds, piolet et caméra en mains pour grimper au sommet du Lobuche Est (6.119 m) en 2011. « Ce fut ma première réussite dans l'Himalaya, précise-t-il. Maintenant, j'ai envie de m'investir dans des projets d'alpinisme et de les filmer. C'est un nouveau défi et un autre esprit pour le tournage. C'est aussi sympa de grimper avec Pascal et Jean-Marc. Et l'idée est d'aller encore plus en 2015 en tentant de gravir un sommet à plus de 8000 m ! »

Bruno Poirier.


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